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Assya, Epouse de Pharaon

 

Allah a cité en parabole pour ceux qui croient, la femme de Pharaon, quand elle dit : "Seigneur, construis-moi auprès de Toi une maison au Paradis. Sauve-moi de Pharaon et de son oeuvre ; et sauve-moi des gens injustes". (Coran 66.11)

Assya est un exemple à suivre pour les femmes croyantes. En effet, voilà une femme qui vivait dans des palais immenses, entourés de jardins verdoyants où coulaient les eaux bleues et pures du Nil. Elle vivait dans la plus grande opulence avec son époux. Mais, Assya était insensible à tout ce luxe et son coeur voulait autre chose que les biens matériels. Elle voulait remplir son coeur de foi en Dieu, elle voulait qu'il la sauve de cet époux et de son peuple si injustes. Elle ne voulait pas appartenir à un peuple mécréant, à commencer par celui qui est sensé être la personne la plus proche d'elle, son époux.

Mais quelle est donc l'histoire de cette femme illustre ?

Pharaon régnait sur l'Egypte à partir de ses palais royaux, entourés des plus beaux jardins. Mais il était un roi injuste, dur, brutal envers ses sujets. Il les martyrisait de toutes les façons. Mais son injustice avait atteint son paroxysme avec une partie de ceux qui vivaient en Egypte, sans être égyptiens : Les Fils d'Israel.

Il pratiquait à leur égard toutes sortes de vilenies, mais ils étaient patients et enduraient le mal de ce Pharaon sans se révolter. Cependant, un des sorciers, oracle du roi lui dit un jour qu'un des enfants d'Israel viendrait au monde et ferait périr son royaume.

La haine de Pharaon décupla et il décida, sous le coup de la peur et de la colère, de tuer tous les enfants mâles d'Israel qui naissaient après qu'il eut su la funeste nouvelle.

Mais les desseins de Dieu se réalisent, malgré tout ce que peuvent faire les Pharaons de la terre.

Au moment où Pharaon mettait sa sentence à exécution et où tous les nouveau-nés d'Israel étaient jetés dans le Nil, Moïse vint au monde. Jocabel, sa mère, put le cacher pendant trois mois, avant de se résigner à se séparer de lui, mais pas pour le remettre à Pharaon et à ses bourreaux. Son enfant était si beau, elle l'aimait tellement! Elle préféra le remettre à Dieu : elle prépara une caisse rembourrée, y mit son enfant et le mit sur le Nil. Elle avait une fille qu'elle chargea de suivre la caisse autant que possible. Ainsi, son coeur se tranquillisa par la grâce de Dieu car elle croyait en Sa miséricorde.

Les flots transportèrent le berceau tout le long de la berge jusqu'à un point où elle se coinça entre des escaliers de marbre. C'était des escaliers qui menaient au Palais du Pharaon bâti sur les berges du Nil, et c'est un endroit où venaient la femme et les filles du Pharaon accompagnées de leurs servantes et coiffeuses.

La femme de Pharaon, installée à un balcon, vit la caisse qui flottait avec le joli bébé dedans. Mais elle n'était pas la seule à l'avoir aperçu, les gardes aussi l'avaient vu et, comprenant qu'il s'agissait d'un enfant hébreu, prirent tout de suite leurs outils meurtriers pour l'exécuter. Elle descendit et demanda à regarder l'enfant de près. Son coeur fondit d'amour pour lui, et, contrairement à ceux qui allaient tuer un enfant sans aucune pitié, car il pourrait représenter un danger pour le pharaon, elle demanda à son époux d'épargner ce bébé et de l'adopter, peut être sera il un bon enfant pour eux : « Peut-être nous sera-t-il utile ou le prendrons nous pour fils. » (Coran 28.9)

Elle insista tellement que Pharaon finit par céder. L'enfant fut donc emmené au palais royal, entouré de l'amour de sa mère adoptive. Quand à sa vraie mère, Dieu lui donna la paix et la tranquillité que seule une grande foi pouvait donner. Elle avait confié son enfant à son Créateur et n'avait plus peur pour lui. Allah lui préparait aussi une grande joie en retour de sa foi immense.

Assya et Pharaon cherchèrent une femme pou allaiter le petit et ramenèrent beaucoup de femmes parmi lesquelles se trouvaient des israéliennes. Mais l'enfant ne voulait téter le sein d'aucune d'elles et détournait la tête en pleurant. La soeur de Moïse était présente (en tant qu'esclave) et Pharaon lui demanda de chercher une femme pour allaiter le petit. Elle leur dit qu'elle allait ramener une femme le plus tôt possible car elle voulait faire plaisir à sa maîtresse et son époux.

Marie, la soeur de Moise, courut chez sa mère pour lui annoncer la bonne nouvelle. La mère, pleine d'amour et de lait, et malgré sa peur d'être reconnue comme la vraie mère de Moïse, courut au palais. En y arrivant, elle entendit les cris stridents de l'enfant et Assya qui était désespérée.

Elle s'approcha de l'enfant et il mit à la téter goulûment. Mais alors que Assya fut très heureuse, Pharaon exprima de l'étonnement et demanda son identité à la femme. Elle lui dit : "Je suis une femme qui a l'habitude d'allaiter les enfants et mon lait est bon. Tous les enfants réagissent de la même façon dès que je m'approche d'eux." Les doutes de Pharaon se volatilisèrent et il demanda à son ministre, Haman, d'augmenter le salaire de cette femme et de la traiter aussi bien que possible.

La joie de la mère de Moise ne connut plus de limites, et elle ne sut comment se contenir quand Assya demanda à ce qu'elle habite avec eux au Palais et qu'elle soit bien nourrie pour donner le meilleur lait. Elle la remercia du fond de son coeur, mais lui dit : "Majesté, je souhaiterai prendre l'enfant pour l'allaiter chez moi car je ne suis bien que chez moi et c'est là que mon lait est bon pour les enfants que j'allaite." Assya accepta pourvu que Moise ait le lait qu'il lui faut !

Moise revint donc chez lui, porté par sa mère qui ne cessait de remercier Dieu. Assya l'envoyait chercher dès qu'elle sentait le manque de l'enfant dans son coeur, elle aussi, car elle aimait beaucoup ce bel enfant.

Moïse grandit et se mit à marcher comme tous les enfants, entouré du grand amour de deux femmes : sa mère et Assya la femme de Pharaon, qui sentait grandir son amour pour lui au fur et à mesure. Elle le protégeait de son époux de peur qu'il ne décide quand même de tuer l'enfant, sous l'effet de son ministre obséquieux.

Elle voyait en effet, Hamman son ministre et ses soldats se prosterner devant Pharaon qui se prenait pour un dieu, et elle n'aimait pas cela elle-même alors que c'était son époux. Elle savait que tout cela était un mensonge. Au fond de son coeur pur et droit, elle savait que son époux ne pouvait pas être dieu. Il n'était qu'un mortel et elle ne se prosternait jamais devant lui comme les autres.

Quand l'enfant fut sevré, sa mère l'emmena au palais et le laissa à sa mère adoptive. Il allait vivre au sein du peuple qu'il allait faire périr, avec l'aide de Dieu, le Vrai, l'Omniscient, pas le dieu de pacotille qu'était Pharaon et qui ne se rendait même pas compte de ce qui l'attendait. Au centre de ce peuple perdu, Moise grandissait et devint un jeune homme.

Un jour, le mari d'une de ses servantes vint lui apprendre une terrible nouvelle : Moïse avait tué un Egyptien pour sauver un Hébreu après que celui-ci ait sollicité son aide !

Au moment où il lui racontait ce qui s'était passé, elle entendit Pharaon crier de toute sa force, faisant vibrer les murs du palais. Il cherchait Moïse et voulait qu'on le mette aux arrêts immédiatement. Il faut que l'Egyptien soit vengé de cet hébreu inférieur.

Assya eut peur pour Moïse et elle se mit à implorer le Dieu Tout Puissant auquel elle a toujours cru au fond d'elle-même, celui pour qui rien n'était impossible. Elle lui demanda de sauver Moïse des sanguinaires qui cherchaient à le tuer.

Elle envoya alors Ezéchiel, le mari de sa servante, qui croyait en Dieu lui aussi de façon innée et ne se soumettait à Pharaon qu'en surface, pour avertir Moïse de ce qui l'attendait afin qu'il puisse s'enfuir : « Ô Moïse, les notables sont en train de se concerter à ton sujet pour te tuer. Quitte (la ville). C´est le conseil que je te donne » (Coran 28.20)

Moise écouta l'homme attentivement et suivit son conseil sur le champ. Revenant vers sa maîtresse, qu'il trouva tremblante, il lui dit : "N'aie pas peur, maîtresse, j'ai avertit Moïse du danger qui le guette et je lui ai conseillé de quitter la ville. Je ne crois pas qu'un seul soldat ait pu arriver à l'attraper avant qu'il n'ait fuit."

Assya fut apaisée par ces paroles et loua Dieu de sauver Moise, son enfant chéri, qu'elle a élevé comme le sien. "Mais mon Dieu, pourrais-je vivre longtemps sans le voir et sans l'entendre, sans savoir où il est ?" Elle demanda à son serviteur le lieu où pouvait se cacher son fils, mais il lui répondit que seul Allah le savait.

Des années passèrent et Moise ne revint pas en Egypte, laissant un vide dans le coeur de sa mère adoptive. Elle désespérait de le revoir à nouveau car il avait tout simplement disparu et aucune nouvelle ne lui parvenait de lui.

Pharaon, oublieux, était heureux de la disparition de Moise et pensa qu'il était sauvé de la mauvaise prédiction de son oracle.

Mais un jour, Moïse revint, mais pas les mains vides : il revenait avec un message du Dieu véridique, Dieu Tout-Puissant, le Dieu de tous les humains, Pharaon y compris. Moïse était un prophète !

Il avait été missionné pour porter son message en terre d'Egypte, pour Pharaon d'un côté et pour son propre peuple, les hébreux, de l'autre. Le premier devait cesser de se prendre pour un dieu et les seconds devront se libérer de son esclavage.

Pharaon et ses soldats avaient été trop injustes et despotes, orgueilleux au point de prendre un humain pour un Dieu et obligèrent tous ceux qui vivaient sous leur coupe à se prosterner devant lui et à se soumettre à ses désirs.

Moïse a été envoyé donc pour mettre fin à tout cela par un coup de la justice divine. Conforté dans sa foi par les preuves que lui avait donné Dieu Tout-Puissant, il avait quand même peur d'être tué par Pharaon par vengeance : « Mon Seigneur ! J'ai tué l'un d'entre eux, je crains donc qu'ils ne me tuent. » (Coran 28.33)

Allah apaisa son coeur et Moïse, ainsi renforcé, s'en alla accomplir l'ordre de Dieu. Il devait porter le message d'Allah à un peuple perdu et dévoyé ! Quelle difficile mission, mais quel honneur aussi ! Dieu lui permit d'avoir un compagnon : Aaron, son frère.

Assya était loin de se douter de tout ce qui se préparait. Elle ne s'attendait plus à revoir Moïse, encore moins à le voir revenir pour détruire le royaume de son époux injuste.

Quand on vint lui dire que Moïse et son frère étaient au palais, elle fut prise de joie de le revoir, mais en même temps elle eut peur pour lui qu'il ne soit tué. Elle sut que Moïse demandait à rencontrer Pharaon pour l'entretenir d'une chose importante. Elle se mit alors à un balcon qui donnait sur la salle d'audience d'où elle pouvait tout voir et tout entendre.

Moïse entra donc avec son frère Aaron car Allah leur avait ordonné d'aller voir Pharaon pour lui dire qu'ils étaient envoyés par Dieu, qu'il devait arrêter d'être si injuste avec leur peuple, les Hébreux.

Moïse dit : "Laisse nous émigrer avec notre peuple israélien et ne le fais plus souffrir."

Pharaon lui répondit : "Es-ce toi Moïse qui parle ainsi alors que nous t'avons élevé parmi nous et tu as grandi dans nos palais ?"

Assya, entendant ces paroles, pensa que la discussion allait s'arrêter là, mais la réponse de Moïse fut terrible : "Crois-tu que tu m'a fais du bien en m'ayant élevé dans ton palais ? Si tu n'avais pas été si impitoyable envers mon peuple, j'aurais été élevé dans la maison de mon père où je suis né. Mon éducation chez toi n'est-elle pas la preuve de ton injustice envers eux et leur esclavage ?"

Pharaon se mit en colère et lui dit : "C'est pour cela que, ingrat, tu as tué un homme de mon peuple!"

Moïse répondit : "Que non, je ne m'étais point vengé et c'était une erreur de ma part ! C'est pour cela que j'ai fuis ; mais mon Dieu, le Dieu de tous les hommes, m'accorda ses faveurs et me donna la connaissance et la sagesse, et fit de moi un de ses envoyés".

Pharaon resta un moment silencieux puis dit : "De quel Dieu parles-tu donc ?"

Moïse lui dit : "Si tu avais regardé autour de toi, si tu avais regardé les créatures qui vivent autour de toi, si tu avais seulement regardé ton propre être, tu aurais su que mon Dieu est Celui qui a crée les cieux et la terre".

Pharaon n'en pouvait plus de colère et se mit à crier aux gens qui l'entouraient : "Entendez-vous donc, Ô peuple ? Entendez-vous ce que racontent ces deux hommes ? Dites leur donc qui est votre dieu ? "

Assya dès qu'elle entendit les paroles de Moïse se mit à murmurer : "Oui, je crois au Dieu de Moïse et de Aaron."

Moïse dit à Pharaon : "Mon Dieu et votre Dieu est le Dieu de vos pères et de vos ancêtre, c'est le Seigneur du levant et du couchant et de tout ce que contient la terre, si seulement vous compreniez !"

Pharaon le menaça comme un enfant puéril : "Si tu prend une autre divinité que moi, je te jette en prison !"

Moïse répondit sereinement : "Et si je te donnais une preuve irréfutable que mon Dieu est plus puissant que toi, est-ce que tu me croirais ?"

Se prêtant au jeu avec l'assurance que donne l'ignorance, Pharaon dit : "Montre-moi donc tes preuves et tes miracles, si tu es sincère."

Assya, toujours à son balcon, se dit : "Depuis quand est-ce que Moïse est devenu sorcier ? Ou bien est-ce son miracle pour convaincre mon époux si orgueilleux et si imbu de lui-même ?" Inquiète pour Moise, perturbée, elle se parlait à elle-même : "Mais mon cher Moïse, que fais-tu là ? Ne sais-tu pas que ce peuple est passé maître dans l'art de la sorcellerie ? Tu ne pourras pas les battre à cet art maléfique."

Puis elle se concentra de nouveau sur la scène qui se déroulait sous ses yeux et elle vit Moïse jeter un bâton en l'air. Mais quand le bâton retomba par terre, il se transforma en un serpent qui ouvrit une gueule immense comme s'il voulait avaler quelqu'un, par exemple Pharaon, vers qui il se dirigea, le terrorisant.

Mais Pharaon se reprit vite et dit à Moise : "Est-ce là tout ce que tu peux faire ? C'est un bien simple jeu !" Moïse ne répondit pas, mais mit sa main dans sa poche et la ressortit : elle était devenue si blanche et éclatante qu'elle illumina l'horizon.

Assya, spectatrice invisible, se dit : "Allah ne peut que soutenir Moïse et c'est Pharaon le perdant." Elle avait eu un frémissement à la vision du serpent, mais elle fut remplie de joie quand elle vit la peur de son époux qui a compris qu'il pouvait avoir peur comme tous les humains et qu'il n'était point un dieu. Elle était tellement excédée par son orgueil mal placé et sa mécréance !

Ce qui lui faisait le plus mal, c'est qu'il se laissait aller à l'obéissance aveugle de sa cour qui renforçait en lui son sentiment d'être au-dessus des autres humains et qu'il pouvait disposer d'eux comme il voulait, surtout pour ceux qui étaient considérés comme des inférieurs, ses esclaves, les israéliens.

Pharaon, qui a vite retrouvé son assurance, dit à sa cour : "Ô peuple, acceptez-vous que Moïse et son frère vous fassent sortir de votre terre par leur magie ?" Quelques uns de ses conseillers lui dirent : "Mets-les en prison, grand Pharaon, et envoie chercher ceux qui, parmi ton peuple, maîtrisent le mieux la magie et la sorcellerie."

Il fut d'accord et envoya chercher les plus grands magiciens de son royaume pour vaincre Moïse.

Assya ne cessait, cependant, de repenser au discours tenu par Moïse et Aaron à Pharaon : « Nous sommes tous deux, les messagers de ton Seigneur. Envoie donc les Enfants d´Israël en notre compagnie et ne les châtie plus. Nous sommes venus à toi avec une preuve de la part de ton Seigneur. Et que la paix soit sur quiconque suit le droit chemin ! Il nous a été révélé que le châtiment est pour celui qui refuse d´avoir fois et qui tourne le dos. » (Coran 20.47)

Ainsi que leurs dernières paroles : « Notre Seigneur est celui qui a donné à chaque chose sa propre nature puis l´a dirigée. » (Coran 20.50)

Elle se rappelait tout cela et se disait que Pharaon avait tort de polémiquer autant, car pour elle il n'y avait aucun doute sur la véracité de ce que révélait Moise. Quand Pharaon avait dit : « Qu´en est-il donc des générations anciennes ? » (Coran 20.51)

Moise lui avait répondu, plein de soumission devant la puissance de son Seigneur : « La connaissance de leur sort est auprès de mon Seigneur, dans un livre. Mon Seigneur [ne commet] ni erreur ni oubli. C´est Lui qui vous a assigné la terre comme berceau et vous y a tracé des chemins; et qui du ciel a fait descendre de l´eau avec laquelle Nous faisons germer des couples de plantes de toutes sortes." "Mangez et faites paître votre bétail". Voilà bien là des signes pour les doués d´intelligence. » (Coran 20.52)

Assya se rappelait donc ces paroles et s'en pénétrait. Elle était parmi les premières personnes à croire en Moise, ainsi que sa servante et son mari en qui elle avait confiance. Ils croyaient en effet en Allah, l'Unique, mais devaient cacher leur foi à Pharaon. Et pendant qu'elle se faisait coiffer dans ses quartiers, elle entendit Pharaon hurler des menaces contre Moïse, lui promettant une défaite humiliante devant le savoir-faire de ses magiciens à lui. Le lendemain, les gens se réveillèrent et tous, ils se préparaient au grand rendez-vous entre les magiciens de Pharaon et Moise, le Messager de Dieu.

Les sorciers commencèrent par jeter leurs bâtons eux aussi et ils se transformèrent en horribles serpents qui firent reculer Moise. Mais Dieu lui raffermit son coeur et Moise fit la même chose avec son bâton. Son serpent fut plus fort que tous les serpents des magiciens et il se mit à les avaler l'un après l'autre.

Assya faillit crier de joie, mais elle se retint et loua Dieu du fond de son coeur. Mais sa joie ne connut plus de limites quand elle entendit les magiciens reconnaître publiquement qu'ils croyaient ce que leur proposait Moise car son savoir était surhumain. Pharaon, ivre de colère, mit certains d'entre eux à mort, et tortura les autres. Mais eux savaient que leur dernière demeure serait le Paradis et la récompense de Dieu.

Complètement brisé et humilié par ce qu'il venait de vivre, Pharaon s'en retourna dans son palais. Assya aussi était triste pour les magiciens. Mais autant elle se soumettait à la volonté de Dieu, autant Pharaon se révoltait contre tous les signes que Dieu lui envoyait et s'entêtait à vouloir se venger de Moïse : « Laissez-moi tuer Moïse. Et qu´il appelle son Seigneur ! Je crains qu´il ne change votre religion ou qu´il ne fasse apparaître la corruption sur terre. » (Coran 40.26)

Soudain, Assya entendit un homme tenir tête à Pharaon : c'est le mari de sa servante et coiffeuse. Il n'en pouvait plus d'entendre Pharaon débiter des menaces contre Moïse, et sa foi lui donnant une force et un courage incroyables, il lui dit : « Tuerez-vous un homme parce qu´il dit: "Mon seigneur est Allah"? Alors qu´il est venu à vous avec les preuves évidentes de la part de votre Seigneur. S´il est menteur, son mensonge sera à son détriment; tandis que s´il est véridique, alors une partie de ce dont il vous menace tombera sur vous". Certes, Allah ne guide pas celui qui est outrancier et imposteur "Ô mon peuple, triomphant sur la terre, vous avez la royauté aujourd´hui. Mais qui nous secourra de la rigueur d´Allah si elle nous vient ? » (Coran 40.29)

Pharaon faillit étouffer en entendant ce petit esclave lui tenir ce discours, et déclarer ainsi sa foi devant tout le monde, y compris devant lui qui se prenait pour le Dieu de tous les hommes ! Assya entendit elle aussi les paroles de cet homme, humble mais courageux, et elle eut peur pour lui car Pharaon n'était plus en mesure d'écouter des paroles raisonnables. Pourtant, ce serviteur lui a toujours été fidèle et il était de son peuple.

Mais son serviteur, pris d'illumination, continuait à parler : « Ô mon peuple, je crains pour vous un jour semblable à celui des coalisés. Un sort semblable à celui du peuple de Noé, des Aad et des Tamud, et de ceux [qui vécurent] après eux". Allah ne veut [faire subir] aucune injustice aux serviteurs. "Ô mon peuple, je crains pour vous le jour de l´Appel Mutuel, Le jour où vous tournerez le dos en déroute, sans qu´il y ait pour vous de protecteur contre Allah. » (Coran 40.33)

Mais Dieu allait-Il laisser ainsi les gens qui ont cru en Lui, en Ses envoyés, qui ont proclamé leur foi à la face de Pharaon, à la merci d'hommes égarés par leur puissance terrestre au point de se prendre pour Dieu ? Que non ! Le pieux mari de la servante disparut tout d'un coup des regards, par la grâce de Dieu et il fut sauvé de la torture qu'allait sûrement lui faire subir Pharaon. « Allah donc le protégea des méfaits de leurs ruses. » (Coran 40.45)

Pharaon se retira dans les quartiers de sa femme, Assya, et lui dit toute la haine qu'il avait pour Moise et ses disciples qui lui tiennent tête alors qu'il l'avait élevé dans son propre palais, comme un fils!

Peut-être se rappelait-il à ce moment la prédiction de l'oracle qui lui disait qu'un enfant allait sortir du peuple d'Israel pour faire disparaître son royaume de la face de la terre ? Mais tout d'un coup il se rendit compte que sa femme, sensée le soutenir et se mettre en colère tout comme lui contre Moise, n'était qu'indifférente et calme. Il se mit aussitôt à lui crier à la figure : "N'es-tu pas ma femme, pourquoi ne partages-tu pas mes sentiments pour Moïse ?"

Elle lui répondit alors : "Pourquoi hais-tu tellement Moise ?" Surpris, Il dit : "Parce qu'il ne reconnaît pas que je suis dieu et veut imposer une autre divinité que moi." Elle dit : "Ne lui en veux donc pas, réfléchis à tout ce qui s'est passé aujourd'hui, pourquoi ne serait-il pas sincère alors que Haman, ton ministre, ne cesse de te raconter des mensonges ? Il déleste Moïse et voudrait que tu le haïsses toi aussi parce qu'il est jaloux et ne voudrait pas que tu écoutes quelqu'un d'autre que lui. C'est Moise qui as raison et Haman qui a tort."

Pharaon se tut et réfléchis aux curieuses paroles de sa femme. Le doute s'insinua dans son coeur et à partir de ce jour-là, il espionna sa femme et sa coiffeuse. Mais Dieu sema le doute en lui contre tout le monde et il n'était plus sûr de personne. Mais un jour, des nouvelles lui confirmèrent que la coiffeuse de sa femme et de ses filles suivait la religion de Moïse. Il ne se contint plus : quoi ? La religion de Moïse était jusque dans son palais ? Il voulut mettre cette femme sous la torture, mais Assya la défendit et lui affirma qu'elle n'avait jamais entendu la pauvre femme parler de cette religion.

Mais il ne voulait rien entendre et la regarda avec tant de haine elle-même, comme s'il était déjà sûr que Assya aussi était du côté de Moïse. Il fit ramener la servante ligotée et l'interrogea : "Qui est ton dieu, servante ?", elle lui dit : "Mon Dieu est ton Dieu, Celui qui nous a tous créés." "Tu oses dire cela devant moi ? Brûlez-la, elle ainsi que tous ses enfants, ceux là en premier afin qu'elle sache qui est son dieu !"

La torture de la pauvre femme commença quand les soldats du roi injuste ramenèrent son bébé et le torturèrent sous ses yeux. Assya qui assistait elle aussi à cette scène satanique, pleurait et implorait Allah en disant : "Maudit sois-tu Pharaon, maudis sois-tu. Dieu te fera souffrir plus que tu ne le fais avec ces pauvres gens." Pharaon l'entendit et dit : "Assya aussi a été atteinte du démon de Moïse !"

Mais elle se retourna vers lui et lui dit : "Non, ce n'est pas un démon qui m'a touchée, mais la grâce de Dieu Tout-Puissant auquel je crois, ton Dieu et celui de tous les soldats et de tes ministres. C'est Allah, Dieu de tous les hommes !"

Pharaon, en entendant ces paroles proférées par sa propre femme, fut comme dément et ordonna qu'elle soit elle aussi torturée sur le champ ! Mais, n'hésitant devant rien de tout ce qui est abominable, il fit venir la mère de sa femme pour qu'elle observe le sort de sa fille et peut-être la faire revenir sur ses idées bizarres. En effet, la mère d'Assya arriva et demanda à sa fille : "Est-ce vrai ce qu'on m'a raconté ?". Sa fille lui répondit par l'affirmative en disant : "C'est la vérité apportée par Moise."

La mère voulut la persuader de laisser cette croyance, mais sans résultat. Alors, les soldats de Pharaon se mirent à la frapper avec leurs fouets, lui arrachant de la bouche des cris de douleurs, mais pas la foi incrustée dans son coeur. Pharaon demanda à ce que les coups soient de plus en plus forts, pour la faire revenir à la raison, croyait-il.

Assya, supportait les coups et ne cessait de demander à son Seigneur, le Seigneur de l'Univers : « Mon Seigneur ! Construis-moi, auprès de Toi, une maison au Paradis, Sauve-moi de Pharaon et de son oeuvre! Sauve-moi du peuple injuste ! » (Coran 66.11)

Et c'est ainsi que Assya rendit son âme pure et pieuse envers son Créateur que ni la torture, ni le faste, ni la puissance de son époux n'ont pu la dévier du droit chemin. Elle préférait vivre l'éternité auprès du plus puissant des Seigneurs. Allah fit construire un palais dans son vaste paradis pour Assya et fit détruire ceux de Pharaon, qu'il fit périr dans les eaux de la mer. Ainsi Allah récompense ses serviteurs et se venge de ceux qui pensent être des dieux en reniant le Dieu véridique.

 


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